Le soleil émet des rayons UVA et UVB: les UVA sont aussi nocifs que les UVB (le soleil émet aussi des UVC qui sont normalement bloqués par la couche d’ozone).
Pour se protéger du soleil tout en s’exposant il existe deux solutions de protections solaires cutanés, les filtres chimiques et les filtres minéraux.
Le secteur de la protection solaire cutané, les crèmes solaires, représente un volume de plus de 15 millions de tubes vendu chaque année en France pour plus de 400 marques. Face à une offre aussi large, l’AFSSAPS (Agence française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) a décidé de resserrer les règles de ce secteur ou l’indice de protection solaire est roi.

Retour sur l’indice de protection solaire
produit solaire
L’IP (indice de protection) ou FPS (facteur de protection solaire) a la même signification dans tous les pays. Il est déterminé par des tests standardisés.

L’indice de protection est aussi le rapport entre le temps nécessaire pour obtenir un coup de soleil avec et sans la crème solaire. Exemple, si une personne a un coup de soleil au bout de 10 minutes sans protection, un IP 20 signifie qu’il lui faudra 3 h 20 (soit 200 minutes ou 20 fois 10 minutes) pour obtenir le même coup de soleil avec ce produit solaire. Il faut savoir que la protection contre les UV n’est pas proportionnelle à la valeur de l’IP: un IP 20 arrête 95% des UVB (il laisse passer 1/20 soit 5% des UVB).

  • - UVA : moins puissants que les rayons UVB, ils pénètrent plus profondément dans la peau et sont responsables du vieillissement précoce et augmentent le risque de cancer de la peau, sans aucun signe visible.
  • - UVB : ils sont la principale cause des coups de soleil, ils constituent à long terme le principal facteur de risque de cancer de la peau, dont le mélanome.
  • - UVC : rayonnements les plus nocifs qui sont filtrés par la couche d’ozone en altitude et n’atteignent pas la terre.

Les évolutions réglementaires demandées par l’AFSSAPS

L’AFSSAPS (Agence française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) travaille sur l’harmonisation de l’étiquetage et des méthodes d’évaluation des indices de protection des produits solaires. Les experts s’orientent vers une classification des crèmes en cinq catégories, à l’intérieur desquelles les indices seraient regroupés et leur nombre diminué :

  • - protection faible correspondra à un FPS 6,8, 10
  • - protection moyenne: FPS 15, 20, 25
  • - protection haute: 30, 40, 50
  • - protection très haute: 50+

Ces nouvelles directives ne permettent plus de revendiquer des indices intermédiaires à la dizaine (FPS 15, 25…), chaque produit devra afficher sur son tube sa protection UVA/UVB et la nouvelle catégorie de classification. Sachant que le rapport entre l’indice UVB et l’indice UVA doit être de 3 pur 1 (si UVB = 30, UVA = 10). Il faut noter que les tests montrent qu’une protection inférieure à 6 ne sert à rien tandis qu’une protection supérieure à 60 n’offre aucune garantie d’amélioration de la protection.

Les filtres solaires chimiques

Les indices de protection solaire chimiques sont composés de molécules qui se répandent environ 20 minutes après que la protection solaire ait été appliquée. Les molécules réagissent aux rayons UV et les transforment en énergie thermique, augmentant davantage la température de la peau.

Les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens sont des substances qui peuvent affecter le système hormonal. Parmi la liste des perturbateurs endocriniens, on trouve des filtres anti UV d’origine synthétique présent dans les cosmétiques et les produits de protection solaire.
On sait que leur effet est particulièrement nuisible lors de la période embryonnaire et pendant la petite enfance : durant cette phase, le développement et la fonction à venir des organes peuvent être perturbés, avec notamment pour conséquence de graves malformations et/ou des dysfonctionnements de l’appareil sexuel. Les doses de sécurité fixées pour permettre l’utilisation de ces substances sont toujours calculées pour chacune d’entre elles. Considérés de façon isolée, ils apparaissent neutres et sans effet ; ensemble, ils ont un impact, c’est l’« effet cocktail ».

Si leur impact sur les adultes est neutre, certaines études montrent que le contact durant la grossesse avec des perturbateurs endocriniens a des effets qui peuvent être détectés jusque chez la descendance. Dans le cadre de deux études de longue durée, le Dr. Schlumpf de l’Université de Zurich a prouvé qu’en raison de leur constitution, les filtres de protection solaire synthétiques sont en mesure de s’arrimer aux cellules comme les hormones de la croissance et ils ont une actions sur les hormones présentent dans le lait maternel.
Une petite liste de perturbateurs : oxybenzone, octyle méthoxy cinnamate, phenylbezimidazoleBenzophenone-2, Benzophenone-3, Benzophenone-4, Benzyl salicylate, Ethyl cinnamate, Ethylhexyl methoxycinnamate, Isoamyl methoxycinnamate, 4-methylbenzylidene camphor.

Outre ces interrogations sur leurs effets sur l’homme, on retrouve des traces de ces perturbateurs dans notre environnement puisque ces substances ont été identifiées dans des poissons de rivières, des lacs, notre eau de baignade en général.

Les filtres solaires minéraux
creme solaire bio
Le principe est simple et inspiré de la nature. Tel qu’un éléphant qui jette du sable donc des minéraux sur sa peau pour la protéger des rayons UV, les indices de protection solaire minéraux se placent en fines couches (nanoparticules) sur la peau et reflètent les rayons du soleil.
Les deux filtres utilisés dans les crèmes solaires bio sont l’oxyde de zinc et l’oxyde de titane.
L’oxyde de zinc et l’oxyde de titane font partie du groupe des oxydes métalliques et sont autorisés pour être utilisés dans les cosmétiques naturels certifiés et contrôlés. Si l’oxyde de titane plus cher est un filtre solaire plus efficace que l’oxyde de zinc, il est classé comme “susceptible d’être cancérogène pour l’humain en cas d’inhalation”.

L’interrogation sur les nanoparticules de dioxyde de titane

Les minéraux utilisés sont des « nanoparticules » parce qu’ils ont moins de 100 nanomètres, autour de 50nm pour le dioxyde de titane et autour de 150nm pour l’oxyde de zinc.

On reproche notamment au dioxyde de titane de pouvoir pénétrer dans l’organisme humain sous cette forme.
Le dioxyde de titane utilisé dans les produits solaires bio est enrobé de triglycérides végétaux ou d’acide stéarique. Ces corps gras rendent le filtre stable et non volatile.
De nombreuses études remise par les laboratoires comme Melvita, Lavera ou Phyto-actif (marque Bioregena) montre que les filtres minéraux sous forme de nanoparticule restent au niveau des couches supérieures de l’épiderme (qui représentent environ 2 à 4 microns de la couche cornée). Or cette couche cornée de 2 à 4 microns se renouvelle tous les jours. Ces filtres restent donc en couche superficielle pour exercer leur action de protection contre les rayons solaires UVA et UVB et s’éliminent en même temps que les cellules mortes lors du renouvellement cellulaire.

Le problème des nouvelles directives de L’AFSSAPS pour la protection solaire bio

Les directives de l’AFSSAPS et de la Commission Européenne imposent un ratio minimum de 3 pour 1 entre la protection UVB et UVA. De plus les méthodes de calcul de l’indice de protection UVA et UVB semblent différentes selon les laboratoires indépendants de vérification, tant les écarts sont importants surtout pour la protection solaire des UVA ou deux méthodes de tests existe la méthode PPD et le « Standard Australien ».

Pour cette raison et dans un souci de transparence, certaines marques de cosmétiques bio comme Melvita, Dr Hauscka ou Weleda ont retiré leurs produits de protection solaire du marché jusqu’à l’élaboration de nouvelles formulations correspondant à ces critères. D’autres marques ont préféré aligner leurs indices sur les tests de laboratoire obtenant les résultats les plus bas comme Lavera qui a divisé par deux tout ses indices.

Les produits solaires sont utiles et indispensables mais doivent être associés à des mesures de prudence:

  • - le port de vêtements, de lunettes de soleil et d’un chapeau,
  • - la non-exposition au soleil entre 12 h et 16 h (car le rayonnement UVB est à son maximum d’intensité)
  • - la limitation de la durée de l’exposition (interdiction pour les bébés!)
  • - une exposition progressive pour laisser au corps le temps de mettre en place ses propres dispositifs de défense qui reste les plus efficaces (bon d’accord selon le type de peau) et les sains (pour tout le monde !)

11 commentaires pour “La lumière sur les produits solaires !”

  1. quelle marque a donc des microparticules (et pas des nanos) et des filtres minéraux. Si quelqu’un a trouvé , merci d’avance

  2. la marque UV BIO nous a garantie que leurs particules étaient des microparticules (taille supérieure à 100 nanomètres).
    Vous pouvez les trouver sur la boutique : crème soalire UV bio

  3. Merci pour cet article

  4. EST CE QUE LES AUTRE INGREDIENT LORSQU ELLE EST MELANGER AVEC L OXIDE DE TITANE EN DANS LA PEAU VERS L ORGANISME OU RESTE AUSSI A LA SURFACE

  5. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris, le dioxyde de titane présent dans les produits UV bio sont ils inoffensifs ?

  6. Pour avoir lu beaucoup d’études, je pense qu’il n’y aucun problème à l’utilisation dans les crèmes de dioxyde de titane surtout quand il n’est pas en nanoparticule de moins de 100 nanomètres.
    Le seul bémol pourrait être le troisième cycle de vie du produit à savoir l’évolution des filtres minéraux à base de dioxyde de titane dans le temps, après leurs rejets dans les eaux usées.

    Pour avoir fait le tour du problème de la protection solaire, il n’existe aucune bonne solution à part rester à l’ombre !

  7. Bravo pour ces excellents articles

  8. Merci beaucoup pour cet article qui apporte enfin une information claire sur les indice UVA, UVB et UVC et une liste très utile de perturbateurs endocriniens.
    Bonne continuation !

  9. Bonjour, L’UE préconise pour l’évaluation des UVA pour la protection solaire, la méthode japonaise PPD modifié par l’AFSSAPS. Quelles sont les modifications que l’AFSSAPS à apporté à cette méthode?
    Dans l’attente de votre retour.

  10. Bonjour à tous,

    Je vous conseille à tous de faire très attention aux articles comme ceux-ci vantant les produits solaires bio. (Je suis dans l’industrie pharmaceutique).

    Les deux filtres autorisés (DIoxyde et pas oxyde de titane et oxyde de zinc) ont une efficacité qui est très contestée, à savoir que les indices garantis ne sont très souvent pas vérifiés (inexacts), vous allez avoir pour un solaire BIO ip30 en moyenne des produits qui sont réellement (après tests UV) à ip16.5, soit pres de deux fois plus de temps que l’indice garantis!

    La raison principale est que les deux filtres minéraux restent beaucoup moins efficaces que les filtres cliniques.

    Et par pitié épargnez-nous les comparaisons entre les peaux d’êtres humains et l’épiderme d’un éléphant, si vous voulez vous balancer du sable sur la figure en vous prenant pour un pachyderme libre à vous mais ne faites pas la promotion d’un produit parapharmaceutique sous prétexte qu’un animal se balance du sable dessus. Dans ce cas là tant qu’à faire faisons comme les phacochères et lavons-nous dans la boue. Bref c’est d’un ridicule.

    Autre raisons pour ne pas choisir des solaires bio. Entre ces deux filtres il y a une réelle différence en terme d’efficacité. Le dioxyde de titane est considéré comme filtrant les UV de manière satisfaisante pour une concentration estimée à 70% (traduction: 70% des éléments filtrants et pas de la forumle totale sont du dioxyde de titane, les 30% autres du oxide de zinc). Tandis qu’on considère que l’oxyde de zinc apporte un filtrage satisfaisant à partir d’une concentration de 85 à 90%.
    Les deux éléments ne sont donc pas très efficace.

    Maintenant quelle est la réalité chez les labos? Le dioxyde de zinc est considéré comme un caviar à 45€ le kilo. La concentration dans les crèmes sur le marché est donc rarement supérieure à 65%. Pire encore, certains utilisent en majorité l’oxyde de zinc qui lui est de 40 à 60% moins cher.

    En conclusion, si vous voulez prendre le risque de mettre du solaire bio sur votre peau, faites. Mais n’en mettez pas sur la peau de vos enfants, certaines crèmes ont des problèmes de santé publique.

    Après que l’on dise que certains perturbateurs endo peuvent être nuisibles n’est pas faux, mais à des doses que ne contiennent pas les crèmes de beauté.

    A vous de savoir si vous voulez vous protéger du soleil ou pas.

    Notification Boutiquebio.fr : Un commentaire apporte toujours un éclairage nouveau et une réflexion, donc nous ne les supprimons que lorsque c’est de la publicité deguisé. Pour ce commentaire, je corrige une seule chose : les indices de protections indiqué sont issue des mêmes tests pour toutes les crèmes. Il peut avoir des fraudes mais cela n’a rien à voir avec le type de filtres ou la qualité biologique, c’est juste l’éthique de la marque, bio ou pas ! Pour le reste …

  11. Merci pour cet article riche en infos, j’aurais une question suite à une discussion avec ma dermato à laquelle je demandais ce qu’elle pensait des crèmes solaires bio.
    Celle-ci me dit qu’elles ne couvrent pas tout le spectre UV A et B. Qu’en est-il ? Je sais qu’aucune crème solaire ne le fait à 100% mais, font-elles vraiment moins bien que les filtres chimiques ? Si certaines font mieux quelles sont-elles ?

    merci de votre réponse

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